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About: knutfrostad

Knut Frostad. Norvégien, 47 ans, marié, deux filles. Marin et businessman. Actuel directeur de la Volvo, il a couru quatre éditions (barreur d’Intrum Justitia en 1993-94, skipper d’Innovation Kvaerner en 1997-98 et de Djuice Dragons en 2001-02, chef de quart de Brasil 1 en 2005-06) et participé aux Jeux Olympiques de 1992. A navigué en France avec Corum et Sodebo ... Et aime la Bretagne parce qu’elle ressemble à sa Norvège natale !

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C’est meilleur quand c’est partagé

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Ça y est. Nous y sommes, la première course In-Port a lieu le 4 octobre prochain à Alicante, la flotte part pour Le Cap une semaine plus tard, le 11.

 

La Volvo Ocean Race 2014-15, c’est pour très bientôt.

 

Le départ de l’Etape 0 vendredi dernier, une course qui ne comptait pas au classement mais qui a vu les sept Volvo Ocean 65 sur l’eau pour la première fois …. © Ainhoa Sanchez/Volvo Ocean Race

 

Le village de la course prend forme autour de la marina espagnole, les équipes se sont installées, les pavillons des sponsors se montent. Les containers pour l’Afrique du Sud partent dans les prochains jours. Je regarde par la fenêtre de mon bureau et je vois la tente du Boatyard (le « chantier ») où bateaux, voiles et pièces détachées sont réparés par une même équipe.

 

Et ça, c’est plus fort encore que cette nouvelle monotypie que nous avons développée. Le fait que les équipes partagent service de maintenance et pièces de rechange, la transparence de ce système, la collaboration entre concurrents, les décisions que l’on vote ensemble – c’est une nouvelle mentalité. C’est le futur, car l’économie faite grâce à cette mise en commun est énorme.

 

Après des années de prépa, la récompense : une régate ! © Amory Ross

 

C’est une aventure pour eux, pour les 66 marins qui embarquent, pour leurs teams, et c’est une aventure pour nous. Avec les quatre chantiers navals impliqués, nous avons construit sept bateaux en un temps très court, nous avons bossé avec les marins et les sponsors pour financer des projets, pour mettre en place des équipages. Nous, l’organisation basée en Espagne, nous sommes impliqués comme jamais auparavant.

 

Je sais que le changement de support a fait du bruit dans le monde de la voile. Mais aujourd’hui, je suis, nous sommes ravis de voir sept équipes alignées pour le départ, avec du très, très haut niveau à bord.

 

Et puis les Français sont servis avec 10 compatriotes (et deux Suisses !) à bord des différents bateaux … Dont le légendaire Michel Desjoyeaux, qui a récemment été officialisé à bord de Team España. Rendez-vous le 4 octobre !

 

 

Mich Desj à bord du bateau espagnol – avec Nico Lunven et Anthony Marchand aussi ! © Francisco Vignale

Le défi de Charles

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La semaine dernière, j’étais à Sanya, en Chine, pour le baptême de Dongfeng Race Team et l’annonce de leur skipper, le Breton Charles Caudrelier.

 

Je ne connais pas très bien Charles mais il m’a toujours paru compétent et humble. Je le crois très ouvert d’esprit, je l’ai vu gérer les candidats chinois sur place et j’ai compris pourquoi les managers Mark Turner et Bruno Dubois l’ont sélectionné. Il comprend le challenge de ce projet chinois et se concentre sur le côté positif. On a aussi célébré son 40e anniversaire, qui tombait le même jour … Quelle étape !

 

Le baptême de Dongfeng Race Team le 26 février, projet chinois géré par OC Sport. © Victor Fraile

 

Cette annonce me fait vraiment plaisir parce que la voile est souvent un sport trop étroit, avec les mêmes noms sur les mêmes lignes de départ. À chaque fois qu’un nouveau skipper rejoint la course, ou un nouvel équipier d’ailleurs, c’est une bonne nouvelle.

 

De nombreux marins ne sont pas impliqués dans notre course mais sont excellents. Et Charles en fait partie – même s’il a évidemment  déjà gagné la Volvo en 2012 avec Groupama. Qu’il soit choisi comme skipper, au lieu d’un de nos vétérans aux multiples participations, c’est très positif. Le sport a besoin de se renouveler. Et tout particulièrement en France : Cammas, Peyron, Desjoyeaux … Leurs noms sont partout !

 

Charles n’est pas un nouveau venu, mais il représente tout de même un certain renouveau.

 

Au cours des dix dernières années, nous avons vraiment essayé d’ouvrir la Volvo Ocean Race à de nouveaux profils, à des jeunes, à tous ces bons marins qui n’ont pas la chance d’avoir déjà mis un pied dans notre porte.

 

Je suis heureux pour Charles et je lui souhaite une belle réussite. Devenir l’un des skippers de la Volvo, c’est un défi énorme. Navigation, équipage, sponsors, logistique, … C’est l’un des projets les plus complexes auxquels s’attaquer.

 

En mer au large de Hong Kong, un avant-goût de la course à venir en octobre.

 

Mon conseil ? Quand on est skipper, il faut savoir s’écouter. Il y a toujours beaucoup de monde autour de vous pour vous donner des conseils, pour vous dire quoi faire. Mais Charles sait ce qu’il a à faire et doit se concentrer sur les choses les plus élémentaires pour qu’elles soient bien au point. Trop de conseils crée de la confusion. Le choix de son équipage, de marins en qui il a confiance et qui ont confiance en lui, c’est aussi crucial.

 

Surtout, je suis ravi pour la France. Le succès de Groupama lors de la dernière édition se pérennise et c’est très bon signe de voir un skipper français sélectionné par une équipe internationale. Il y aura de nouveau des Français dans la course et c’est une bonne nouvelle !

 

Charles en entraînement à bord du Volvo Ocean 65 Dongfeng. © Victor Fraile

Allez Thomas !

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Thomas Coville est un ami de longue date, un ancien coéquipier lors de la Volvo 2001-02 à bord du bateau djuice et vainqueur de la course avec Groupama sur la dernière édition. J’apprécie Thomas et je l’admire – il est parti le 17 janvier pour tenter de battre le record du tour du monde en solitaire et en multicoque.

 

Ce record est l’une des aventures les plus folles au monde.

 

Bien sûr, il y a d’autres défis nautiques. Le Jules Verne, par exemple, un autre record autour du monde … Mais c’est en équipage.  Si quoi que ce soit dérape et que vous êtes à plusieurs, c’est un défi. Si ça se passe mal et que vous êtes seul à bord d’un trimaran de 111 pieds, c’est autre chose.

 

Et même si naviguer en solitaire autour du monde est possible, le record en lui-même est extrêmement difficile à battre ! Thomas s’y est déjà attelé trois fois. Pour réussir à faire moins que les 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes de Francis Joyon, il faut une fenêtre météo idéale tout autour du globe – on sait que lors de sa dernière tentative, Thomas était probablement plus rapide à toutes les allures mais a couvert beaucoup plus de milles car la météo lui était moins favorable. Il faut de la chance, et beaucoup, beaucoup de volonté.

 

Peu de marins en ont assez. Ellen McArthur, Francis Joyon et Thomas se sont tous trois attaqués à ce record et ont tous trois un tempérament d’acier. Thomas fait ça uniquement par passion. C’est incroyable de le voir repartir autour du monde, lui qui a déjà fait le Jules Verne, la Volvo, trois tentatives en solo …

 

Il m’épate ! Mais je me rappelle aussi qu’il m’a promis de me donner son trimaran une fois le record battu. Ce serait pour que je l’utilise, pas pour le stocker à Alicante ! Je serai bien embêté s’il réussit cette fois-ci car je n’ai pas son courage …

 

Allez, je lui souhaite très bonne chance et j’attends quand même son futur cadeau. Allez Thomas !

 

Ma page d'accueil ces jours ci !

Ma page d’accueil ces jours ci !

 

Et la France dans tout ça ?

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La prochaine Volvo Ocean Race part dans moins d’un an, au mois d’octobre 2014. Où en est-on ?

 

À ce jour, quatre équipes ont signé – l’équipage féminin Team SCA sponsorisé par le groupe suédois SCA, les Emiratis d’Abu Dhabi Ocean Racing, le projet chinois Team Dongfeng et les Hollandais de Team Brunel, dont l’annonce s’est faite hier.

 

Notre objectif est d’avoir au moins sept bateaux au départ à Alicante. Je suis optimiste et la construction du septième Volvo Ocean 65 est bien avancée.

 

Pour compléter la flotte, nous travaillons principalement avec huit équipes qui souhaitent être au départ en 2014. Certaines sont en discussion avec des sponsors, d’autres sont sur le point de signer … Toutes n’y arriveront pas, et c’est mieux comme ça puisqu’on ne pourra pas construire à temps autant de monotypes que de teams candidats !

 

La situation est bonne, les projets que nous soutenons sont sérieux. Mais ce n’est pas un secret : nous avons des délais à tenir en termes de construction de bateau et de votes de budget pour 2014-15.

 

En France aussi nous soutenons un projet. Nous adorerions avoir une équipe 100 % française, surtout après la victoire de Groupama en 2011-12. C’est un pays qui nous tient à cœur et qui est très présent dans l’histoire de la course. Mais il est encore trop tôt pour promettre quoi que ce soit.

 

Quoi qu’il se passe, Team Dongfeng aura une forte connotation française. L’équipage chinois annoncé fin octobre est déjà géré par le Belgo-Canadien Bruno Dubois, la Française Marine Derrien est la responsable à terre, et le skipper sera peut-être français … Et c’est ce qu’on voulait en s’adressant à OC Sport, une structure anglo-française, pour gérer l’équipe. À suivre !

 

Team SCA, premier inscrit (en entraînement au sud de l'Angleterre). © Rick Tomlinson

Team SCA, premier inscrit (en entraînement au sud de l’Angleterre). © Rick Tomlinson

 

Abu Dhabi Ocean Racing, deuxième inscrit (d-g : Ian Walker, skipper, Adil Khalid, équipier, Neal McDonald, directeur de la performance). © Ian Roman

Abu Dhabi Ocean Racing, deuxième inscrit (d-g : Ian Walker, skipper, Adil Khalid, équipier, Neal McDonald, directeur de la performance). © Ian Roman

 

Team Dongfeng, troisième inscrit (ici au ponton avec les constructeurs du bateau). © Rick Deppe

Team Dongfeng, troisième inscrit (ici au ponton avec les constructeurs du bateau). © Rick Deppe

 

Team Brunel, quatrième inscrit (d-g : Gideon Messink, Jan Arie van Barneveld, Bouwe Bekking et Gerd-Jan Poortman). © Sander van der Borch

Team Brunel, quatrième inscrit (d-g : Gideon Messink, Jan Arie van Barneveld, Bouwe Bekking, skipper et Gerd-Jan Poortman, équipier). © Sander van der Borch

 

Le projet le plus ambitieux

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Avant de parler des premiers bords du nouveau bateau de la Volvo, je veux rendre hommage à l’America’s Cup, à l’incroyable victoire d’Oracle Team USA et à l’effort gigantesque d’Emirates Team New Zealand. Toutes mes félicitations aux Américains qui signent un incroyable comeback, et une pensée émue pour les hommes de Dean Barker et Grant Dalton qui se sont vraiment très bien battus. Je me suis régalé en suivant les matchs et je n’étais pas le seul – bravo !

 

La semaine dernière était intense à San Francisco, elle l’a été pour nous aussi en Angleterre. Le 23 septembre, le premier de nos nouveaux monotypes a été mis à l’eau. Un moment très fort, l’un des faits marquants du projet le plus ambitieux jamais entrepris par la course. Tout est nouveau avec ce Volvo Ocean 65 : classe, fonctionnement, taille du bateau …

 

Tout a commencé par une idée, une feuille de papier suivie de mois de discussion, de calculs, de consultants, de dessin, de construction. Et tout d’un coup, voilà, le bateau apparaît ! C’est très tangible et très fort.

 

Avant, on était seulement les organisateurs de l’événement. Puis on a réalisé que, pour que la prochaine édition ait lieu, on devait en faire plus en s’impliquant dans la conception et la construction du bateau. Un travail que les équipes ont toutes fait par le passé, mais notre mission est plus complexe. On doit maintenant faire un bateau identique pour TOUTES les équipes.

 

Première nav' du Volvo Ocean 65 de SCA le 26 septembre dans le Solent ... © Rick Tomlinson

Première nav du Volvo Ocean 65 de SCA le 26 septembre dans le Solent … © Rick Tomlinson

 

Le Volvo Ocean 65 doit avant tout nous permettre d’atteindre notre but premier, avoir suffisamment de concurrents au départ en octobre 2014. On vise huit bateaux et la monotypie était la seule solution viable en deux ans de temps hors course entre les deux éditions.

 

Il doit aussi remplir quatre autres objectifs : fiabilité, performance, conception autour des équipements média et optimisation des coûts.

 

La fiabilité et la vitesse d’un voilier sont souvent en conflit … Mais pas toujours. Avec Farr Yacht Design, nous avons essayé d’identifier les facteurs permettant d’améliorer les performances du bateau sans affecter la sécurité. Le tirant d’eau, par exemple, qui passe de 4,5 pour un Volvo Open 70 à 4,7 mètres pour le Volvo Ocean 65. La protection de l’équipage dans le cockpit, qui n’affecte pas beaucoup les performances et augmente la sécurité de l’équipage.

 

On voulait aussi à un design pensé autour de l’équipement média du bateau. Jusqu’à présent, les interviews sur le pont étaient souvent trop exposées au vent et à l’eau. Pour éviter ce problème, nous avons dû inverser le processus en dessinant le bateau autour des caméras, et non en plaçant les caméras au dernier moment. La caméra principale est donc abritée à l’entrée de la descente pour des interviews de qualité avec les marins sur le pont, en pleine action. J’espère vraiment que ça changera les contenus envoyés depuis le large.

 

Enfin, il fallait améliorer le retour sur investissement des sponsors. Attention, c’est un bateau de course en carbone qui reste forcément cher ! Mais son coût est beaucoup plus faible et bien mieux optimisé. Il est conçu et construit pour durer deux courses, ce qui ne s’est jamais fait avant dans l’histoire de la course. Les économies de la monotypie s’étendent bien plus loin qu’au seul bateau puisque maintenance et pièces de rechange sont désormais centralisées.

 

Les essais se poursuivent cette semaine au large de Southampton. © Rick Tomlinson

Les essais se poursuivent cette semaine au large de Southampton. © Rick Tomlinson

 

Je crois en cette nouvelle direction et oui, j’espère que les marins ET les fans de la course aimeront ce nouveau voilier. J’ai le sentiment que le Volvo Ocean 65 sera fun, complexe à régler, intense en course.

 

J’ai hâte de savoir ce que les filles de Team SCA en pensent une fois qu’elles l’auront vraiment poussé à fond. J’ai hâte d’être au départ, dans un peu plus d’un an.

 

Le changement qu’apporte la monotypie sera alors évident. Plus question de parler de meilleure carène, de meilleures voiles, de mauvais design. Plus d’excuse !

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