La semaine dernière, j’étais à Sanya, en Chine, pour le baptême de Dongfeng Race Team et l’annonce de leur skipper, le Breton Charles Caudrelier.

 

Je ne connais pas très bien Charles mais il m’a toujours paru compétent et humble. Je le crois très ouvert d’esprit, je l’ai vu gérer les candidats chinois sur place et j’ai compris pourquoi les managers Mark Turner et Bruno Dubois l’ont sélectionné. Il comprend le challenge de ce projet chinois et se concentre sur le côté positif. On a aussi célébré son 40e anniversaire, qui tombait le même jour … Quelle étape !

 

Le baptême de Dongfeng Race Team le 26 février, projet chinois géré par OC Sport. © Victor Fraile

 

Cette annonce me fait vraiment plaisir parce que la voile est souvent un sport trop étroit, avec les mêmes noms sur les mêmes lignes de départ. À chaque fois qu’un nouveau skipper rejoint la course, ou un nouvel équipier d’ailleurs, c’est une bonne nouvelle.

 

De nombreux marins ne sont pas impliqués dans notre course mais sont excellents. Et Charles en fait partie – même s’il a évidemment  déjà gagné la Volvo en 2012 avec Groupama. Qu’il soit choisi comme skipper, au lieu d’un de nos vétérans aux multiples participations, c’est très positif. Le sport a besoin de se renouveler. Et tout particulièrement en France : Cammas, Peyron, Desjoyeaux … Leurs noms sont partout !

 

Charles n’est pas un nouveau venu, mais il représente tout de même un certain renouveau.

 

Au cours des dix dernières années, nous avons vraiment essayé d’ouvrir la Volvo Ocean Race à de nouveaux profils, à des jeunes, à tous ces bons marins qui n’ont pas la chance d’avoir déjà mis un pied dans notre porte.

 

Je suis heureux pour Charles et je lui souhaite une belle réussite. Devenir l’un des skippers de la Volvo, c’est un défi énorme. Navigation, équipage, sponsors, logistique, … C’est l’un des projets les plus complexes auxquels s’attaquer.

 

En mer au large de Hong Kong, un avant-goût de la course à venir en octobre.

 

Mon conseil ? Quand on est skipper, il faut savoir s’écouter. Il y a toujours beaucoup de monde autour de vous pour vous donner des conseils, pour vous dire quoi faire. Mais Charles sait ce qu’il a à faire et doit se concentrer sur les choses les plus élémentaires pour qu’elles soient bien au point. Trop de conseils crée de la confusion. Le choix de son équipage, de marins en qui il a confiance et qui ont confiance en lui, c’est aussi crucial.

 

Surtout, je suis ravi pour la France. Le succès de Groupama lors de la dernière édition se pérennise et c’est très bon signe de voir un skipper français sélectionné par une équipe internationale. Il y aura de nouveau des Français dans la course et c’est une bonne nouvelle !

 

Charles en entraînement à bord du Volvo Ocean 65 Dongfeng. © Victor Fraile