Avant de parler des premiers bords du nouveau bateau de la Volvo, je veux rendre hommage à l’America’s Cup, à l’incroyable victoire d’Oracle Team USA et à l’effort gigantesque d’Emirates Team New Zealand. Toutes mes félicitations aux Américains qui signent un incroyable comeback, et une pensée émue pour les hommes de Dean Barker et Grant Dalton qui se sont vraiment très bien battus. Je me suis régalé en suivant les matchs et je n’étais pas le seul – bravo !

 

La semaine dernière était intense à San Francisco, elle l’a été pour nous aussi en Angleterre. Le 23 septembre, le premier de nos nouveaux monotypes a été mis à l’eau. Un moment très fort, l’un des faits marquants du projet le plus ambitieux jamais entrepris par la course. Tout est nouveau avec ce Volvo Ocean 65 : classe, fonctionnement, taille du bateau …

 

Tout a commencé par une idée, une feuille de papier suivie de mois de discussion, de calculs, de consultants, de dessin, de construction. Et tout d’un coup, voilà, le bateau apparaît ! C’est très tangible et très fort.

 

Avant, on était seulement les organisateurs de l’événement. Puis on a réalisé que, pour que la prochaine édition ait lieu, on devait en faire plus en s’impliquant dans la conception et la construction du bateau. Un travail que les équipes ont toutes fait par le passé, mais notre mission est plus complexe. On doit maintenant faire un bateau identique pour TOUTES les équipes.

 

Première nav' du Volvo Ocean 65 de SCA le 26 septembre dans le Solent ... © Rick Tomlinson

Première nav du Volvo Ocean 65 de SCA le 26 septembre dans le Solent … © Rick Tomlinson

 

Le Volvo Ocean 65 doit avant tout nous permettre d’atteindre notre but premier, avoir suffisamment de concurrents au départ en octobre 2014. On vise huit bateaux et la monotypie était la seule solution viable en deux ans de temps hors course entre les deux éditions.

 

Il doit aussi remplir quatre autres objectifs : fiabilité, performance, conception autour des équipements média et optimisation des coûts.

 

La fiabilité et la vitesse d’un voilier sont souvent en conflit … Mais pas toujours. Avec Farr Yacht Design, nous avons essayé d’identifier les facteurs permettant d’améliorer les performances du bateau sans affecter la sécurité. Le tirant d’eau, par exemple, qui passe de 4,5 pour un Volvo Open 70 à 4,7 mètres pour le Volvo Ocean 65. La protection de l’équipage dans le cockpit, qui n’affecte pas beaucoup les performances et augmente la sécurité de l’équipage.

 

On voulait aussi à un design pensé autour de l’équipement média du bateau. Jusqu’à présent, les interviews sur le pont étaient souvent trop exposées au vent et à l’eau. Pour éviter ce problème, nous avons dû inverser le processus en dessinant le bateau autour des caméras, et non en plaçant les caméras au dernier moment. La caméra principale est donc abritée à l’entrée de la descente pour des interviews de qualité avec les marins sur le pont, en pleine action. J’espère vraiment que ça changera les contenus envoyés depuis le large.

 

Enfin, il fallait améliorer le retour sur investissement des sponsors. Attention, c’est un bateau de course en carbone qui reste forcément cher ! Mais son coût est beaucoup plus faible et bien mieux optimisé. Il est conçu et construit pour durer deux courses, ce qui ne s’est jamais fait avant dans l’histoire de la course. Les économies de la monotypie s’étendent bien plus loin qu’au seul bateau puisque maintenance et pièces de rechange sont désormais centralisées.

 

Les essais se poursuivent cette semaine au large de Southampton. © Rick Tomlinson

Les essais se poursuivent cette semaine au large de Southampton. © Rick Tomlinson

 

Je crois en cette nouvelle direction et oui, j’espère que les marins ET les fans de la course aimeront ce nouveau voilier. J’ai le sentiment que le Volvo Ocean 65 sera fun, complexe à régler, intense en course.

 

J’ai hâte de savoir ce que les filles de Team SCA en pensent une fois qu’elles l’auront vraiment poussé à fond. J’ai hâte d’être au départ, dans un peu plus d’un an.

 

Le changement qu’apporte la monotypie sera alors évident. Plus question de parler de meilleure carène, de meilleures voiles, de mauvais design. Plus d’excuse !