La semaine passée, je vous ai parlé de mon puzzle préféré, l’élaboration du parcours de la Volvo. Cette semaine, un autre rubicube intéressant : le nouveau bateau !

 

Vous le savez sans doute, le support des deux prochaines éditions de la course sera un monotype de 19,8 mètres de long, le Volvo Ocean 65. Notre organisation a fait appel à quatre chantiers européens pour le construire. Le chantier vannetais Multiplast se charge du pont, Persico (Italie) construit la coque, Decision (Suisse) les cloisons, et Green Marine (Angleterre) s’occupe de l’assemblage final.

 

Aujourd’hui, la construction rentre dans une phase passionnante. Les grandes pièces du premier modèle sont terminées : la première coque quitte Persico ce soir et le premier pont quitte Multiplast la semaine prochaine. Les deux éléments vont rejoindre Green Marine par la route pour y être assemblés. C’est là que le puzzle commence à prendre forme …

 

Je crois que c’est la première fois qu’un projet de ce type est mené à cette échelle. Il y a eu des bateaux de course construits en série, des projets longs et complexes comme les MOD70, mais ce bateau est plus détaillé. Tout y est inclus : les systèmes télé et tout le matériel nécessaire pour naviguer autour du monde … C’est une monotypie d’un nouveau niveau.

 

Nous avons décidé dès le début qu’il était crucial que tous les bateaux soient strictement identiques. Et c’est un processus bien plus complexe qu’il n’y paraît. Quand on parle monotypie, les marins pensent surtout à la forme et au poids de la coque. Mais nous sommes allés beaucoup plus loin, nous sommes allés jusqu’à mesurer le poids et la longueur de chaque câble électrique.

 

Le premier bateau ne sera pas un prototype, il sera exactement comme les autres. D’où le temps nécessaire à sa construction. À Multiplast par exemple, ils ont développé une nouvelle technologie laser pour placer tous les éléments de l’accastillage au même endroit. On parle d’une marge d’erreur de moins d’un millimètre !

 

Et comme le planning est très serré et que pas mal d’entreprises sont en jeu, la gestion du projet est complexe. Tu peux mettre en place toutes les procédures que tu veux, mais c’est surtout la motivation des personnes impliquées qui compte. J’ai rencontré la plupart des équipes et je suis impressionné par leur enthousiasme. C’est un projet important, un projet de grande ampleur, et je crois que chacun des prestataires a compris que ça ne pouvait fonctionner qu’en travaillant ensemble.

 

Avant, ces chantiers étaient concurrents. Aujourd’hui, le succès de ce bateau sera la somme du travail de chacun. On peut construire une coque solide mais ça ne servira à rien si le mât est de travers ou si les safrans ne sont pas pareils.

 

Ultime objectif, la fiabilité de ce futur Volvo Ocean 65. Un de nos buts était de construire un bateau solide, plus solide qu’avant. Mais dans notre industrie, tout le monde se bagarre pour le poids. Ce n’est pas facile de construire un bateau rapide mais c’est facile de construire un bateau léger. Cette fois, il ne s’agit plus de construire le plus léger possible, il s’agit de construire un bateau plus solide et qui dure plus longtemps. Tout le monde doit penser de la même manière. C’était un challenge. Je crois qu’on y est arrivé !

 

Maintenant, il est temps de rassembler les pièces et de voir ce que donne ce deuxième puzzle …

 

Rubicube, phase pont. © Yann Penfornis / Multiplast

Rubicube, phase pont. © Yann Penfornis / Multiplast

Rubicube, phase coque. © Mark Somerville / Persico

Rubicube, phase coque. © Mark Somerville / Persico

Rubicube, phase assemblage. © DR

Rubicube, phase assemblage. © DR